(Niamey et les 2 jours) – Lors d’une récente interview accordée à la chaîne de télévision Arise Télévision, le président nigérian, son excellence Muhammadu Buhari, a défendu le projet de chemin de fer Maradi-Kano, très critiqué par ses détracteurs et adversaires politiques. Le président de la première puissance économique d’Afrique a notamment affirmé que ce projet dont le coût total est estimé à 1,9 milliard $, se justifiait par l’unité des peuples vivant dans les régions du Niger et du Nigéria concernées.

Muhammadu Buhari a ainsi déclaré que les frontières africaines ont été tracées arbitrairement par les colonialistes français sans tenir compte des similitudes culturelles entre les peuples du Niger et ceux du Nigeria, avant d’établir une similitude dans les liens qu’entretiennent les habitants du Sud-ouest du Nigéria, notamment les Yoroubas avec les populations de la République du Bénin.

« Je vous ai dit que la frontière entre nous et le Niger est de 1 500 km. J’ai parlé à un Français et j’ai dû lui dire cela. Il a dit n’importe quoi et je lui ai dit : “Écoutez, en 1885, vous vous êtes assis et vous avez tracé des lignes. J’ai dit que j’avais des cousins germains au Niger. Il y a des Kanuris, il y a des Hausas, il y a des Fulanis en République du Niger tout comme il y a des Yorubas au Bénin. Vous ne pouvez pas absolument les couper », a-t-il tranché.

Le président nigérian a également justifié cette décision par la nécessité de renforcer les relations amicales avec le Niger qui a empêché les terroristes de Boko Haram d’avoir un accès libre au Nigeria. En outre, Muhammadu Buhari a fait valoir que le nouveau chemin de fer aiderait le Nigeria à concurrencer la République du Bénin qui a accaparé le commerce d’entrepôt dans la région. Ce projet de chemin de fer devrait permettre par ailleurs au Niger, un pays enclavé devenu producteur de pétrole de faire le commerce de l’or noir via le Nigeria, a-t-il indiqué.

« Nous voulons qu’ils passent par le Nigeria. Nous voulons qu’ils envoient leurs exportations par le Nigeria », a déclaré le président nigérian, signe que la tension entre le pouvoir de Porto-Novo et d’Abuja n’est pas près de baisser.

Mawulolo Ahlijah



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