À Alger, la poignée de main entre le chef de l’État nigérien Abdourahamane Tiani et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune était lourde d’enjeux. Lundi, au Palais de la Présidence, ils ont tenu une séance de travail à huis clos, proclamant leur convergence sur des points essentiels : sécurité, coopération économique et relance du projet tant attendu du Gazoduc transsaharien.

Le gazoduc transsaharien : un partenariat renouvelé

Un moment fort de cette rencontre a été l’annonce officielle du lancement, après le mois de Ramadan, des travaux du Gazoduc transsaharien (TSGP). Selon le président Tebboune, un accord a été établi pour commencer la construction de cette infrastructure stratégique traversant le territoire nigérien. Le projet sera mené par la compagnie nationale algérienne Sonatrach, chargée de l’installation de la conduite.

Ce gazoduc reliera les ressources gazières du Nigeria à l’Algérie, via le Niger, pour approvisionner les marchés européens. Pour Niamey, cela représente une opportunité majeure : droits de transit, création d’emplois, développement d’infrastructures et positionnement du pays en tant que carrefour énergétique régional.

Après avoir été longtemps évoqué sans succès, le TSGP entre enfin dans une phase concrète. Dans un contexte de forte demande énergétique mondiale, ce projet pourrait redéfinir la carte énergétique du continent.

Sécurité et stabilité : un socle commun

Bien que l’économie ait dominé les discussions, la sécurité a également été au cœur des échanges. Les deux dirigeants ont souligné la nécessité d’une concertation stratégique accrue face aux menaces pesant sur la région sahélienne. Ce partenariat avec l’Algérie constitue un soutien diplomatique et stratégique crucial pour le Niger, qui fait face à des défis sécuritaires persistants. Alger, de son côté, considère la stabilité du Sahel comme un enjeu direct pour sa propre sécurité nationale.

Un accueil solennel à Niamey

À l’issue de cette visite officielle, le président Abdourahamane Tiani est rentré à Niamey le 16 février 2026. À sa descente d’avion à l’Aéroport international Diori Hamani, il a été accueilli par les membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, le Premier ministre Mahamane Lamine Zeine et d’autres hauts responsables. Cet accueil protocolaire souligne l’importance de cette mission diplomatique, perçue comme un tournant dans les relations entre Niamey et Alger.

Une relation bilatérale appelée à s’intensifier

Au-delà du gazoduc, les deux pays souhaitent approfondir leurs échanges dans les domaines économique, énergétique et institutionnel. Pour le Niger, diversifier ses partenariats et renforcer ses liens régionaux est une priorité stratégique. La relance du TSGP pourrait symboliser une nouvelle phase de coopération sahélo-maghrébine, fondée sur des intérêts communs et une vision partagée du développement.

Reste maintenant à transformer les engagements politiques en réalisations concrètes. Dans cette région, les projets structurants ont souvent été freinés par des réalités sécuritaires et financières. Toutefois, Alger et Niamey affichent leur détermination à concrétiser ces ambitions.

By Ibrahim