À Ouagadougou, le Niger déploie sa diplomatie de « refondation » au sein de l’UEMOA. Une délégation de haut niveau du Conseil consultatif de la refondation (CCR) participe à la session extraordinaire du Comité interparlementaire, signalant le retour offensif de Niamey sur la scène communautaire.

Le Niger vise à ne plus être le grand absent des cercles de décision ouest-africains. Depuis le 27 avril, Ouagadougou accueille la 39ᵉ session extraordinaire du Comité interparlementaire (CIP) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Dans les couloirs de cette instance, une délégation nigérienne de haut niveau, issue du CCR, travaille activement pour faire entendre la voix de Niamey.

Dirigée par Seydou Asman, 6ᵉ vice-président du CCR, cette mission dépasse la simple présence protocolaire. Accompagné de personnalités variées — du politique Tahirou Guimba aux experts Dr Dodo Boukari et Dr Hamet Mahamane Mahamadou Bachir, sans oublier le colonel Dan Bouga pour la sécurité et Fidel Bento —, M. Asman mène une offensive diplomatique pour réinsérer le Niger dans l’architecture législative régionale.

« Cette participation traduit une volonté de réappropriation de notre destin communautaire dans un contexte où les défis sécuritaires imposent une harmonisation urgente de nos cadres légaux », confie une source proche de la délégation.

Les discussions, qui se poursuivront jusqu’au 1er mai, porteront sur l’harmonisation des réglementations et le suivi des politiques communes. Pour le Niger, les enjeux sont doubles : d’une part, prouver la vitalité de ses nouvelles institutions de transition et, d’autre part, influencer les réformes de gouvernance au sein d’un UEMOA souvent secoué par des crises institutionnelles.

Avec cette diplomatie parlementaire active, le CCR souhaite démontrer que la « refondation » nigérienne est un levier pour une intégration régionale repensée. En participant aux réflexions stratégiques sur la cohésion sociale et le développement durable, Niamey espère transformer cette session extraordinaire en un jalon de sa normalisation diplomatique sous-régionale.

By Ibrahim