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Le bodybuilding est un sport encore peu connu au Niger, et son image jugée trop exhibitionniste constitue un frein à son développement. Cependant, cette discipline commence à gagner en popularité. Parmi les figures montantes, Abdou Ali, jeune originaire de la région de Zinder, se distingue par un parcours exceptionnel. Grâce à un travail acharné, il est aujourd’hui champion d’Afrique de bodybuilding dans sa catégorie et déborde d’ambitions pour atteindre le sommet mondial.
Abdou Ali a débuté le bodybuilding en 2022 à Cotonou (Bénin). Très vite, il se distingue par sa détermination et son physique impressionnant. Il raconte qu’au départ, il pratiquait l’haltérophilie pour sa santé. Peu à peu, cette pratique s’est transformée en une véritable passion. « J’ai vu beaucoup d’athlètes qui ont fait la fierté de leur pays. J’ai donc décidé de m’y engager. Dès ma première participation, j’ai remporté le titre de champion à Cotonou et le titre de « meilleur corps » à Lomé », confie-t-il.
Avant le bodybuilding, Abdou s’intéressait au kung-fu, où il est ceinture noire, 2è dan dans son club « Temple » à Zinder. Parti à Cotonou pour bâtir son avenir, il travaille aujourd’hui dans un parc automobile avec un partenaire libanais. C’est dans une salle de sport qu’il a attiré l’attention du président de la Fédération béninoise des sports de force, impressionné par sa rigueur. « Il m’a proposé de faire du bodybuilding. Au départ, j’ai refusé, car je craignais les préjugés. Mais j’ai compris la valeur de cette discipline”, a-t-il ajouté.
« Certains nous jugent seulement parce que nous soulevons des haltères. D’autres refusent de nous intégrer dans leurs projets, alors que nous pratiquons juste une passion », déplore-t-il.
Aujourd’hui, Abdou Ali vise à devenir champion du monde pour porter les couleurs du Niger. « Je sais que je peux réaliser ce rêve. Je demande le soutien des autorités et de la population nigérienne », affirme-t-il avec conviction.
Les débuts d’Abdou n’ont pas été faciles. Il évoque le manque de soutien financier et moral, et les préjugés sociaux. « C’est une discipline qui demande des moyens financiers. Malgré les critiques, nous cotisons entre collègues pour participer », explique-t-il.
À ce jour, Abdou compte huit attestations de participation et huit médailles (trois en or, trois en argent et deux en bronze). « Le manque de soutien nous freine. Dans d’autres pays, les athlètes sont soutenus par le gouvernement et les entreprises. Ce type de partenariat manque au Niger », souligne-t-il.
Avant chaque compétition, Abdou suit une préparation rigoureuse d’un mois, avec un régime alimentaire strict. « Je change complètement mon alimentation. Zéro sel, zéro sucre, principalement des blancs d’œufs et du poulet. Sans moyens, il est impossible d’atteindre le niveau des autres. », a-t-il précisé.
Il travaille étroitement avec la Fédération Nigérienne d’Haltérophilie et des Sports de Force (FENI-HASFORCE), qui l’a accompagné lors de plusieurs compétitions, notamment le championnat d’Accra et celui d’Abidjan où il a remporté une médaille d’or.
Assad Hamadou (ONEP)