Réunis à l’hôtel Radisson Blu de Niamey le 23 juin 2026, les partenaires techniques et financiers ont répondu à l’appel d’une mission de haut niveau de la FAO. Objectif : structurer des investissements massifs dans l’agro-industrie pour libérer le pays de sa dépendance aux aléas climatiques.
Au Niger, la bataille pour l’autosuffisance alimentaire entre dans sa phase opérationnelle. Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Mahaman Elhadj Ousmane, a profité d’une table ronde de haut niveau coorganisée avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour formaliser les ambitions du Niger devant des bailleurs de fonds internationaux.
Les discussions ont porté sur le financement du monde rural et l’industrialisation de l’agriculture nigérienne, considérés comme des boucliers contre les crises climatiques récurrentes dans la bande sahélienne.
Le « Programme Grande Irrigation », pivot stratégique de Niamey
Pour rompre avec les cycles de sécheresse, Niamey s’engage dans une restructuration profonde de son modèle. « Le Niger prend des mesures historiques à travers le Programme Grande Irrigation pour se libérer de certaines contraintes climatiques et alimentaires », a affirmé Mme Janaba Mahonde, coordonnatrice par intérim du Système des Nations unies (SNU) au Niger, en réaffirmant l’alignement des agences onusiennes sur les priorités du pays.
Cette offensive agricole ne concerne pas uniquement le marché local. Pour la FAO, soutenir le Niger est également un impératif géostratégique régional. « La FAO est prête à accompagner et à investir au Niger », a souligné Mme Bintia Stephen-Tchicaya, coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest. Selon elle, investir à Niamey, c’est aussi « investir dans la souveraineté alimentaire de toute l’Afrique de l’Ouest », le pays occupant une position clé dans les flux commerciaux agro-pastoraux de la sous-région.
Sécurité, stabilité et capitaux
Pour les autorités, l’équation est simple : pas de paix durable sans prospérité rurale. Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage a rappelé aux partenaires financiers que l’investissement dans les structures agroalimentaires est le meilleur moyen de maintenir les populations, créer des emplois pour la jeunesse et stimuler l’entrepreneuriat rural.
« Investir dans l’agriculture, c’est garantir stabilité et prospérité durable. Les besoins demeurent importants ; nous devons partager une vision commune et renforcer notre collaboration pour aboutir à des investissements concrets », a-t-il insisté.
Sous la conduite du représentant résident de la FAO au Niger, Al Hassan Cissé, les discussions techniques ont visé à transformer ces déclarations d’intention en engagements budgétaires tangibles. Reste maintenant aux bailleurs de concretiser les promesses faites lors de la table ronde de Niamey en lignes de crédit effectives pour accompagner le virage agro-industriel du pays.