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En Chine, le Tai Chi fait partie intégrante du quotidien, occupant une place culturelle, sociale et sanitaire essentielle pour des millions de Chinois. Dès l’aube, il n’est pas rare de croiser des personnes de tout âge s’adonnant à cet art martial traditionnel dans les parcs, sur les esplanades, et même sur les lieux de travail. Héritier de plusieurs siècles de tradition, le Tai Chi transcende le simple exercice physique ; il incarne une philosophie de vie et une sagesse transmises de génération en génération.
À 8h10, ce mercredi 8 juillet 2026, des centaines de personnes se rassemblent sur l’esplanade de la Résidence de Montagne de Changde, province de Hebei, pour une séance de Tai Chi. Le temps semble suspendu au rythme lent et harmonieux des mouvements. Les activités commerciales près de l’esplanade se poursuivent lentement, et plusieurs maîtres de Tai Chi, dont Xu Dingming, animent cette séance nationale.
Sous des tenues de Tai Chi colorées, les pratiquants respirent la sérénité tout en suivant les instructions des maîtres. Pas un mot ne s’élève ; seuls le bruit des chaussures et le frottement des kimonos se font entendre. Pour eux, cette pratique quotidienne est un rituel sacré : « Ici, c’est notre salle de sport à ciel ouvert. Au début, je pratiquais dans mon quartier, mais je viens désormais ici. En matinée, ce sont souvent les personnes âgées qui viennent, tandis que les jeunes sont présents l’après-midi. Pour nous, le Tai Chi est un mode de vie », explique Zi Rui, pratiquante assidue.
Le maître Xu Dingming explique que l’esplanade est un choix philosophique, cherchant à renouer avec la nature. « Quelle meilleure écologie que celle-ci ? L’air du matin, les arbres, le ciel clair. Dans un gymnase climatisé, on rompt notre lien avec la nature. Ici, nous le retrouvons. Le Tai Chi vise à atteindre un équilibre énergétique interne, et nous travaillons ensemble pour un bien-être collectif », déclare-t-il.
Quon Linn, une pratiquante régulière, affirme que les mouvements s’apprennent dès le bas âge. « Nous avons des mouvements élémentaires faciles à retenir. C’est en vieillissant que nous trouvons la motivation de continuer. »
Tian Kuo, 36 ans, témoigne que le Tai Chi est un outil essentiel pour sa concentration. « Avec le temps, j’ai compris l’essence et la philosophie du Tai Chi. Cela m’aide à gérer chaque instant de ma vie, que ce soit en réunion ou en codant. »
Maitre Zhang Yingmin, auteur du livre « Fengji Jiao Sanfeng Tai Chi », dévoile la sagesse « invisible » derrière le Tai Chi.
Maitre Zhang Yingmin décrit le Tai Chi comme un écosystème vivant qui respire et s’adapte. Elle souligne que « le cœur de la philosophie du Tai Chi réside dans la relation dialectique entre le mouvement et le calme », et affirme que les pratiquants, quel que soit leur âge, bénéficient de transformations physiques et psychologiques après une formation régulière.
Elle encourage aussi les jeunes à se plonger dans l’essence du Tai Chi, expliquant que ce n’est pas qu’une activité pour les personnes âgées, mais un vecteur culturel essentiel. « Le Tai Chi est le transporteur de la culture et de la connotation des arts martiaux », dit-elle. « Il s’agit de réduire au minimum la pensée inerte humaine et d’élargir la dimension de notre propre civilisation culturelle. »
La pratique du Fengdao Sanfeng Tai Chi séduit également les jeunes à travers des activités innovantes comme la cérémonie du thé Tai Chi et la calligraphie Tai Chi. Maitre Zhang déclare : « La philosophie centrale est d’harmoniser l’homme avec la nature. »
En somme, le Tai Chi, discipline ancestrale chinoise, est un patrimoine vivant qui continue d’inspirer des générations à travers le monde. Chaque pratiquant constitue un « message » de la sagesse ancienne, reflétant l’harmonie entre l’homme et la nature.
Abdoul-Aziz Ibrahim, à Pékin