À l’heure où la désinformation et les mutations technologiques remodèlent les équilibres sahéliens, le Niger et le Maroc forment une alliance stratégique. Avec des outils de pointe et une vision panafricaine, les régulateurs des médias des deux pays avancent avec détermination.
La capitale nigérienne a vibré, du 25 au 26 mars 2026, sous une diplomatie médiatique dynamique. Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) du Maroc, a mené à Niamey une visite de travail essentielle. Les discussions avec son homologue de l’Observatoire National de la Communication (ONC) ont centré sur l’urgence de créer un bouclier numérique face aux défis sécuritaires et informationnels de la région.
Le HMS+ : Un outil technologique au service de l’ONC
Le point culminant de cette rencontre est la signature d’une convention pour le déploiement du HMS+ (HACA Media Solutions). Ce logiciel de surveillance, fleuron technologique marocain, permettra au régulateur nigérien d’adopter la surveillance numérique en temps réel. Dans un contexte de transition politique et de sensibilité sécuritaire, cet outil devient un atout majeur pour l’ONC, visant à garantir un pluralisme équilibré et à traquer les contenus subversifs.
Un front commun contre les fake news
Au-delà des aspects techniques, une doctrine de « responsabilité médiatique » a été mise en avant. Le Premier ministre nigérien, Elhaj Ali Mahaman Lamine Zeine, a validé politiquement cette collaboration en accueillant la délégation marocaine. L’objectif est clair : préserver la stabilité de l’espace public en limitant la dissémination de fausses informations, souvent néfastes pour la cohésion sociale au Sahel.
Niamey et Rabat : Une dynamique pour la régulation numérique africaine
Les deux institutions visent également à dépasser les frontières bilatérales. Leur ambition est de transformer le Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) en une plateforme influente à l’échelle continentale. Niamey et Rabat entendent élaborer une régulation africaine, respectant les réalités locales et les impératifs de souveraineté, face aux GAFAM.
Cette visite, marquée par une invitation officielle du président de l’ONC au Maroc, annonce un tournant significatif. Entre le Niger, en quête de renouveau, et le Maroc, expert en régulation, une synergie prometteuse se dessine, redéfinissant le paysage médiatique ouest-africain.