La lutte contre les stupéfiants a pris un nouveau tournant dans la région de Tahoua. L’antenne régionale de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a annoncé le démantèlement, entre le 24 et le 26 février 2026, de deux réseaux spécialisés dans le trafic international de drogues dites « à haut risque ».
Cinq personnes ont été interpellées, incluant un ressortissant nigérian. Cette opération met en lumière l’ampleur des circuits transfrontaliers alimentant plusieurs localités nigériennes.
Des circuits bien structurés entre le Niger et le Nigeria
Selon les premiers éléments de l’enquête, le premier réseau opérait entre Illela, à la frontière nigéro-nigériane, et la ville de Sokoto, au Nigeria, avec des points de relais à Lawey Birni, Malbaza et Moudjia, pour acheminer les produits vers Taza, Afala, Tahoua et Tabalak.
Le second groupe, plus mobile, utilisait les compagnies de transport de voyageurs sur l’axe Niamey–Sargagi–Loga–Agadez. Les stupéfiants étaient dissimulés dans des sachets placés dans les porte-bagages des bus. L’un des suspects aurait caché une partie de la marchandise dans ses vêtements pour échapper aux contrôles, illustrant l’ingéniosité croissante des trafiquants.
Une saisie de grande ampleur
Les forces de l’ordre ont saisi une cargaison conséquente composée de :
- 49 000 comprimés de Diazépam D5 ;
- 25 000 comprimés de Benzehol (Exol) ;
- 1 797 comprimés de Tramadol dosés à 225 mg et 250 mg ;
- 12 boules de cannabis de type Amnesia, pour un poids total de 10,450 kilogrammes.
De plus, deux motocyclettes utilisées pour le transport ont été immobilisées et plusieurs téléphones portables saisis pour les besoins de l’enquête.
Un enjeu sécuritaire et sanitaire
Au-delà de la dimension criminelle, la prolifération de ces substances représente un véritable défi de santé publique. Le Tramadol et d’autres psychotropes sont souvent détournés de leur usage médical pour alimenter des marchés parallèles.
La région de Tahoua, carrefour stratégique entre le sud et le nord du pays, est un point sensible dans le trafic. La porosité des frontières et la mobilité accrue des personnes facilitent ces circuits illicites.
Appel à la vigilance citoyenne
Face à cette situation, l’OCRTIS appelle la population à renforcer la collaboration avec les forces de sécurité. Les autorités soulignent que les signalements anonymes peuvent prévenir l’implantation durable de réseaux criminels.
La récente opération démontre, selon les responsables sécuritaires, la capacité des services à infiltrer et démanteler des filières organisées. Cependant, la lutte contre le trafic de stupéfiants reste un combat de longue haleine.