Derrière des sacs de farine de manioc apparemment inoffensifs se cache une saisie record de près de 600 kg de cannabis. Le 4 mars 2026, au poste stratégique de Gamdou, les douaniers nigériens ont intercepté un véhicule de luxe transportant cette cargaison illicite. Cette saisie fait ressortir de nouvelles routes de drogue dans le Damagaram.
L’illusion du « Yayi Zahi »
L’opération débute avec un Land Cruiser V8 flambant neuf, immatriculé à l’étranger, tentant de franchir le poste de contrôle de Gamdou, dans la région de Zinder. À bord, 12 sacs de gari, produits que les locaux appellent familièrement « yayi zahi ».
Cependant, l’expérience des agents des Douanes a permis de déjouer ce stratagème. Lors d’une fouille minutieuse, ils découvrent 598 boules de cannabis dissimulées, pesant au total 598 kilogrammes.
Le renseignement, nerf de la guerre sécuritaire
Cette saisie n’est pas le fruit du hasard. Selon des sources fiables, elle découle d’une exploitation rigoureuse de renseignements préalablement collectés. Dans une zone où les flux transfrontaliers sont constants, la capacité des services nigériens à traduire l’information en opérations concrètes est essentielle.
« Cette saisie prouve que nos corridors ne sont plus des voies de passage pour les trafics illicites », déclare une source de sécurité régionale.
Cette prise soulève également la question : Zinder devient-elle un hub pour la redistribution du cannabis vers d’autres pays du Sahel ? L’utilisation d’un véhicule puissant indique en tout cas une organisation logistique et des ressources financières significatives derrière ce convoi.

Une vigilance accrue aux frontières
Cette opération des douanes nigériennes s’inscrit dans un contexte de renforcement de la surveillance du territoire. En interceptant cette drogue, les autorités s’attaquent à l’une des sources potentielles d’instabilité régionale.
Le Bureau des Douanes de Gamdou remporte ainsi des succès significatifs dans une lutte où chaque kilo saisi est une avancée pour la santé publique et la sécurité nationale. Alors que les saisies s’intensifient, les réseaux de trafiquants changeront-ils de méthode ou de couverture ?