Les autorités nigériennes lancent un appel urgent face à une augmentation des arnaques numériques ciblant les internautes. La Police nationale du Niger, via sa Direction de la Police Judiciaire et la Division de lutte contre la cybercriminalité, met en garde contre un système de fraude en expansion sur les réseaux sociaux.

Selon les services de sécurité, ces escroqueries se fondent sur la diffusion de faux liens promettant des opportunités d’emploi ou des gains rapides. Cette méthode sophistiquée vise principalement les utilisateurs de plateformes populaires telles que Facebook, WhatsApp, Instagram, TikTok et Telegram.

Des fausses offres d’emploi pour attirer les victimes

La police judiciaire indique que les fraudeurs séduisent leurs cibles avec des annonces proposant des activités simples et rémunérées, comme visionner des vidéos ou réaliser de petites tâches en ligne. Les internautes sont ensuite dirigés vers des groupes privés sur des applications de messagerie.

Ces plateformes frauduleuses usent de différentes appellations pour gagner en crédibilité, parmi lesquelles on trouve GREEN MENTOR, X-PLEX CORPORATION, CRYPTO GLOBAL, CENTER CORPORATION, SIX SWISS EXCHANGE LTD, SHEIN, SE, TCD et TBWA.

Une stratégie de manipulation progressive

Le processus repose sur une technique classique d’escroquerie : établir une confiance initiale. Les fraudeurs poussent les victimes à investir de petites sommes dans des opérations prétendument lucratives.

Dans certains cas, les premiers montants sont remboursés avec des faux bénéfices pour encourager les victimes à investir davantage.

Ensuite, les escrocs invitent les internautes à rejoindre un supposé « groupe VIP », où ils doivent effectuer plusieurs tâches et investir plus pour accéder à des gains plus importants.

Quand des montants significatifs sont versés, la situation change rapidement. Les escrocs prétendent qu’un problème technique ou un blocage empêche le remboursement, incitant les victimes à effectuer un nouveau paiement pour débloquer leurs fonds.

Des fonds blanchis via les cryptomonnaies

Les investigations signalent que les escrocs convertissent rapidement l’argent détourné en cryptomonnaies, notamment par le biais de plateformes électroniques ou de services financiers non agréés par les autorités.

Cette méthode complique le suivi des transactions et facilite le blanchiment des gains.

Un autre élément préoccupant : certains réseaux recrutent des Nigériens à distance pour acheter des cartes SIM, utilisées ensuite pour créer de faux comptes sur les réseaux sociaux ou plateformes de transfert d’argent, afin de réceptionner les fonds frauduleux.

Un appel à la vigilance des internautes

Face à cette situation, la Direction générale de la Police nationale rappelle que toute participation au blanchiment d’argent résultant d’escroqueries constitue une infraction selon la loi nigérienne.

Les autorités incitent les internautes à faire preuve d’une vigilance accrue, notamment face aux offres d’emploi ou d’investissement circulant sur le web.

Il est également recommandé de signaler systématiquement les pages, comptes ou individus liés à ces pratiques frauduleuses.

En cas de doute ou pour toute alerte, la police conseille de les contacter via les numéros verts 17 ou 8383.

By Ibrahim