Au Niger, la question de Mohamed Bazoum continue de résonner au-delà des frontières nationales. Le 12 mars 2026, le Parlement européen a adopté une résolution appelant à la libération de l’ancien président nigérien et de son épouse. Ce vote a ravivé les tensions diplomatiques entre les autorités nigériennes et les institutions européennes.

Un vote massif qui interpelle Niamey

Adoptée par 524 voix pour, 2 contre et 29 abstentions, la résolution du Parlement européen demande explicitement la libération de l’ancien chef d’État Mohamed Bazoum et de son épouse, retenus à Niamey depuis le renversement du pouvoir en juillet 2023. Plusieurs députés européens qualifient l’ancien dirigeant d’« ami de l’Union européenne », illustrant ainsi les relations étroites entretenues par son administration avec les partenaires européens avant le coup d’État.

Ce vote intervient dans un climat international où la situation politique nigérienne suscite de vifs débats au sein des institutions occidentales.

Un dossier sensible depuis le coup d’État de 2023

Depuis le coup d’État de 2023, qui a porté au pouvoir le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie dirigé par le général Abdourahamane Tiani, le Niger est au cœur d’une recomposition diplomatique majeure au Sahel. Les autorités ont pris leurs distances avec plusieurs partenaires occidentaux, notamment dans le domaine sécuritaire et militaire, et chaque position internationale sur Mohamed Bazoum est perçue à Niamey comme un acte politique pouvant alimenter les tensions.

Pour le pouvoir, la résolution européenne est perçue comme une intrusion dans les affaires internes du pays.

Niamey dénonce une ingérence

En réaction au vote, les autorités nigériennes ont convoqué la représentante par intérim de l’Union européenne à Niamey pour lui transmettre une protestation formelle. Plusieurs responsables ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une « ingérence » dans les affaires d’un État souverain, affirmant que la gestion du dossier Bazoum relève exclusivement des autorités nationales. Cette réaction souligne la fermeté adoptée par le pouvoir nigérien face aux pressions diplomatiques extérieures.

Une opinion publique nigérienne très divisée

La résolution européenne suscite des réactions contrastées au sein de l’opinion publique. Certains observateurs estiment qu’elle pourrait accentuer la crispation entre Niamey et ses anciens partenaires européens, tandis que d’autres la voient comme un moyen de maintenir la question de l’ancien président nigérien au centre du débat international. Sur les réseaux sociaux et dans certains cercles politiques, des voix appellent même à durcir la position diplomatique du Niger face aux institutions européennes.

Un dossier toujours sensible pour le pouvoir

Malgré les tensions diplomatiques, la situation de Mohamed Bazoum reste un dossier délicat pour les autorités. L’ancien chef d’État demeure au cœur d’un bras de fer politique et diplomatique entre Niamey et plusieurs capitales africaines et occidentales. Sa libération, souvent évoquée lors des discussions internationales, demeure un sujet hautement sensible. Actuellement, aucune annonce officielle ne suggère un changement imminent de position de la part du gouvernement, mais il est clair que le vote du Parlement européen rappelle que le dossier Bazoum a une portée internationale dans un Sahel en pleine recomposition géopolitique.

By Ibrahim