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Alio Issa Daouda, connu sous le surnom de « Ali Killer », a été un acteur clé du monde de l’arbitrage nigérien pendant treize ans. Il a officié de nombreux matches du championnat national de première division à Niamey et Dosso en tant qu’arbitre assistant fédéral, avant de prendre sa retraite à l’âge limite. Aujourd’hui, il continue d’animer les compétitions locales à Tillabéri, convaincu que servir le football ne s’arrête pas avec la fin d’une carrière officielle.
« L’arbitrage me procure énormément de plaisir. Malgré les insultes des supporters, je suis fier du devoir accompli », affirme-t-il. Né le 24 décembre 1978 à Konni, il a grandi dans le quartier de Lacroussou à Niamey, où sa passion pour le football a commencé. Ancien joueur des jeunes de l’Olympique de Niamey et de divers clubs, il a joué en tant que latéral gauche au Soniantcha FC de Tillabéri de 2005 à 2010. Lorsque sa carrière de joueur a pris fin, son mentor Halidou Djibo, arbitre fédéral, l’a dirigé vers l’arbitrage, un choix qu’il ne regrette pas.
Selon les recommandations de son mentor, il a gravi les échelons de l’arbitrage, passant d’arbitre stagiaire à arbitre de district, puis de ligue, avant de devenir arbitre assistant fédéral. « Mon seul regret est de ne pas avoir obtenu le badge FIFA », souligne-t-il, car seules une quinzaine de badges sont attribués aux meilleurs arbitres du Niger.
Pour Ali Killer, l’arbitrage est comparable à la fonction d’un juge. « On ne prend pas des décisions pour faire plaisir aux gens, mais pour respecter les Lois du Jeu. Un bon arbitre doit maîtriser les 17 Lois du Jeu, avoir un mental de fer, être impartial, humble et capable d’analyser le comportement des joueurs. La pression des joueurs et des supporters ne dure que 90 minutes ; il faut intégrer la souffrance pour réussir », dit-il.
Cette force mentale lui a été cruciale tout au long de sa carrière, face aux contestations, insultes et parfois agressions physiques, communes sur certains terrains du Niger. « Je suis toujours resté serein. Je n’ai jamais répondu aux provocations et j’ai gardé mon sang-froid ; c’est essentiel pour prendre de bonnes décisions », affirme-t-il. Pour lui, une préparation physique rigoureuse est tout aussi importante, car un arbitre parcourt entre 10 et 12 kilomètres lors d’un match officiel. « Nous faisons souvent vingt tours de la clôture en endurance, suivis de séances de vitesse. Sans une bonne condition physique, un arbitre ne peut pas suivre le rythme », explique-t-il.
Bien qu’il ait quitté les compétitions nationales, Ali Killer demeure un homme de terrain. En officiant lors des tournois locaux, il s’engage à respecter sa mission de servir le football avec intégrité, discipline et passion. Son parcours démontre que chaque coup de sifflet représente un homme engagé à faire respecter les règles avec courage et impartialité, quelles que soient les pressions.
À travers son engagement, Alio Issa Daouda montre que l’arbitrage est une école de discipline, de courage et de responsabilité. Bien qu’il s’agisse d’un métier souvent ingrat, il se doit de respecter les règles sans céder à la pression. Il quitte cette carrière en étant satisfait du devoir accompli et fier d’avoir servi le football nigérien pendant plus d’une décennie.
Adamou I. Nazirou, ONEP Tillabéri