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Au Niger, le sport pour les personnes handicapées a progressivement gagné en ampleur, s’inscrivant dans le mouvement paralympique international. Les compétitions et performances sont avant tout une bataille pour la reconnaissance et l’inclusion. Que ce soit en fauteuil roulant, avec une canne blanche, une prothèse ou simplement une détermination inébranlable, ces athlètes choisissent de ne pas laisser leur handicap définir leurs limites.
Le Handisport nigérien regroupe plusieurs disciplines sous la Fédération nigérienne des sports paralympiques (FENISPHA) et ses sous-fédérations spécifiques. Selon son président, M. Harouna Ousmane, l’histoire de ce sport commence en 1992 avec la création d’un comité de gestion pour le sport des personnes handicapées. En 1999, ce comité se transforme en FENISPA, renommée FENISPHA en 2012 selon les recommandations du Comité international paralympique (IPC).
Cette évolution a structuré le mouvement autour de divers types de handicaps physiques, incluant les déficients visuels, les personnes de petite taille, ainsi que les sportifs amputés. Les disciplines comprennent le basket-ball en fauteuil roulant, le volley-ball assis, le football pour amputés, le para-athlétisme, le paracyclisme, la dynamophilie, la lutte, le judo et le para-taekwondo. Une dizaine de fédérations spécialisées ont été créées pour structurer ces activités, facilitant ainsi l’organisation et la préparation d’un Comité national paralympique.
Le Niger a participé à plusieurs Jeux paralympiques, notamment à Athènes en 2004, Pékin en 2008, Londres en 2012, Rio en 2016 et Tokyo en 2021. Lors des Jeux de Paris en 2024, le pays sera représenté par le para-taekwondoïste Ide Oumarou Djabirou dans la catégorie des moins de 58 kg.
En Afrique, la FENISPHA bénéficie d’une présence marquée aux Jeux de l’avenir des personnes handicapées (JAPHAF), avec la neuvième édition accueillie à Niamey en 2009.
Des défis persistants
Selon M. Djibo Niandou Madizé, secrétaire général de la Fédération nigérienne du sport pour sourds et malentendants (FENISSOM), malgré les championnats organisés et les efforts pour le bien-être des athlètes, des difficultés financières nuisent à leur encadrement, décourageant ainsi certains. Toutefois, la fédération réussit à participer à des compétitions internationales.
Surmontant ces défis reste un combat. Le manque d’équipements adaptés, d’infrastructures accessibles et de dispositifs médicaux complique la détection et l’accompagnement des athlètes. Les dirigeants soulignent l’importance de renforcer les structures du mouvement paralympique et de disposer de moyens adéquats pour son développement à l’échelle nationale et internationale.
Au-delà du sport, le handisport offre aux personnes handicapées l’opportunité de sortir de l’isolement, de développer leur autonomie et de montrer leurs talents. Un championnat national au Niger vise non seulement à promouvoir le sport de masse, mais aussi à détecter des athlètes ayant le potentiel pour de grandes compétitions. Ce sport joue un rôle essentiel dans l’inclusion sociale et professionnelle des personnes handicapées au Niger.
À l’approche des prochains événements internationaux, notamment Los Angeles 2028, le président de la FENISPHA se concentre sur le renforcement de ses acquis.
Yacouba Moumouni (ONEP)